Homicae

Homicae, 2015

Installation DNSEP, École supérieure des Beaux-Arts, Angers.
Installation dessin  (12m²), installation sonore, Posca blanc sur carton plume noir, spots.

    L’inspiration provient d’un essai métaphysique, La faim du tigre de René Barjavel ; un réservoir à idées, observations, inquiétudes ou interrogations.
En quête de réponses aux grandes questions métaphysiques entre connaissance et inconnu, Barjavel propose de considérer le vivant de son entier jusqu’à la plus insignifiante de ses composantes. Il pointe ainsi l’incapacité de l’homme à appréhender le monde.

    Il s’agit d’une installation de 12m² immergeant le spectateur dans une sorte de théâtre du monde vivant. Des créatures terrestres se lient en un dense réseau pictural, mêlant organismes aquatiques et anatomies animales, ou encore cellules humaines et bactéries.

Un enregistrement sonore extrait de La faim du tigre diffusé en parallèle participe à nous interroger sur notre relation au vivant, de l’infiniment grand à l’infinitésimal.

Que serait-ce comprendre le monde dans lequel nous sommes plongés si  nous n’allions pas au-delà des apparences, si nous déplacions l’homme de son égocentrisme vers un juste équilibre ?

Homicae # 3, 2017

100 cm x 200 cm
Encre sur papier

EXTRAIT La faim du tigre, René BARJAVEL.

 

«  Un instant, un éclair suspendu, tu as vu. Le temps de comprendre que tu n’es rien, sans importance, nul, moins que zéro. Milliards de milliards de multitudes emportées. Et toi avec, parmi les multitudes de multitudes dont chaque grain a autant d’importance que toi. Ni plus ni moins. Ni moins la patte de mouche ni plus la lune. Comme la lune, toi, ta famille, humanité, galaxie, univers : zéro poussière de poussière, rien, rien, dans le tout.
Le tout tourbillonnant immobile en voyage depuis où jusqu’ à quand. Toi zéro. Toi, tes coliques, ton envie de sexe et de légion d’honneur, ton petit ventre à soupe, tes seins d’amour, tes moustaches, ta robe de soie, ta fameuse cervelle, ta belle jambe, toi zéro.
Tu as repris ta place dans le vent et la marée. Mais inquiet. Brûlant le sable, dure la chaise. à quoi bon ces durillons aux fesses, ces mains calleuses, cette fumée par les oreilles ? A quoi bon cette bataille ? Naître, vivre, mourir ? Vivre ? Vivre ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Ce n’est pas toi qui répondras, ni moi non plus. Mais, sans espoir de réponse, si tu ne cries pas la question, alors tu n’es qu’un os... »

 © 2020 by Lise Le Joliff

Lise
Le Joliff